14eme Symposium de sculpture

Faire communauté à Saint Jean de Chépy

En accueillant, en cette année du quinzième anniversaire de l’association ArtChépy, la Néerlandaise Helen Vergouwen et le Français Bruno Bienfait, l’une qui travaille l’acier, l’autre qui sculpte le bois, ce XIVe Symposium de sculpture s’est efforcé d’élargir encore et toujours la communauté d’artistes voulue par les responsables de l’association comme par ceux du domaine Saint Jean de Chépy à Tullins.

A l’heure où, à Grenoble, le Musée de l’ancien évêché rend hommage à la communauté d’artistes installée à Sablons, à l’autre bout du département de l’Isère, par Albert Gleizes et Juliette Roche à partir de 1927 avec l’exposition Vivre le cubisme à Moly-Sabata, il nous est apparu plus que nécessaire depuis quelque temps déjà – et sans nous prendre pour ce que nous ne sommes pas… – d’approfondir, en l’adaptant à notre modeste niveau, ce modèle confraternel autant que fraternel  d’échange, de partage et d’émulation. Mais sans nous enfermer dans une esthétique ou une chapelle, en continuant de présenter les différents aspects de la création contemporaine…

Cette communauté d’artistes n’aura de sens qu’à l’aune d’une certaine fidélité, voire d’une fidélité certaine. Celle que nous ont en l’occurrence déjà témoignée cette année Raymond Jaquier et Georges Meurdra, après François Millon en 2021.

Le premier, qui sut convaincre Henri Martinenghi de lancer en 2007 un Symposium de sculpture à Saint Jean de Chépy, est revenu pour donner, aux côtés d’Helen Vergouwen et de Bruno Bienfait, une nouvelle vie à son Carrousel, qui, fleurant désormais bon un art plus singulier, est devenu Carrousel Casimir.

Le second, pensionnaire du Xe Symposium de 2017 où il créa Dream Time, est non seulement venu offrir un nouveau visage à ce Dream Time, mais l’a accompagné du dépôt d’Up Saône River (1987), la plus imposante œuvre monumentale jamais accueillie par Le Chant des sculptures. Issue de La Vie des formes, c’est aussi une évolution, un cheminement que nous propose cette Up Saône River. Celle, celui de Georges Meurdra de 1987 à 2017. Mais pas que…

La mue de son Dream Time souligne enfin que la sculpture doit rester une langue vivante pour son auteur, et Le Chant des sculptures de Saint Jean de Chépy un lieu d’expérimentation où les artistes peuvent non seulement se permettre un pas de côté, mais aussi – surtout… – un laboratoire épicurien où ce pas de côté est plus que souhaité.

Sans oublier, last but not least,  l’honneur que nous fait, grâce à Helen Vergouwen, l’Américain Charles G. Simonds en nous confiant depuis cet été Stringalong (1991)…

Aussi est-ce pour cette raison que nous lançons cette année La sculpture dans tous ses états, l’exposition de petits formats des pensionnaires du Symposium de sculpture d’ArtChépy, afin d’offrir un panorama plus complet de leur création.

Ainsi remplirons-nous la mission de soutien et d’accompagnement des sculpteurs d’aujourd’hui que nous nous sommes fixée, ainsi ferons-nous communauté autour de valeurs simples, chaleureuses, mais exigeantes, ainsi offrirons-nous aux artistes cet ailleurs dont ils ont si cruellement besoin.

Mais un ailleurs d’ici et maintenant, dans le partage fraternel d’une création artistique…

 

Philippe GONNET

Président d’ArtChépy

Le book: édition 2022

608 Chépy de Helen WERGOUWEN

Equilibre de Bruno BIENFAIT

Caroussel Casimir de Raymond JAQUIER

Up Saône River de Georges MEURDRA