Noushin BAGHERZADEH

Noushin Bagherzadeh, de l’Iran à la Belgique, du graphisme à la sculpture…

C’est en 1969 que Noushin Bagherzadeh voit le jour à Téhéran, d’un père éditeur et d’une mère traductrice.

Enfant solitaire, elle s’invente autant d’amis que d’activités, rêve, peint, dessine… Et, après des études secondaires classiques, choisit une formation supérieure artistique. « C’était mon univers, celui où je me sentais protégé… », confesse-t-elle aujourd’hui.

«  Quand j’ai passé le concours à l’université, j’ai opté pour le graphisme » principalement en raisons des débouchés ; « Si je m’étais écoutée, j’aurais pris peinture… », sourit-elle encore. L’enseignement de la sculpture n’est arrivé que plus tard…

L’évidence a tôt fait de s’imposer : « C’est pendant mes études à l’université que j’ai pris plaisir à faire des volumes, à voir les choses en trois dimensions… »

Sa licence en poche, Noushin Bagherzadeh sera donc graphiste tout en élevant ses deux enfants.

Etablie en Belgique en 2007 – elle en a depuis acquis la nationalité –, c’est en inscrivant sa fille à l’école d’art de Braine l’Alleud qu’elle repère en 2010 une formation de sculpteur.

Et elle laissera d’autant moins passer sa chance qu’elle tombera sur un professeur qui saura l’encourager…

Flux pour « mettre en valeur l’environnement »

« Lorsque j’ai été sélectionnée pour participer à ce XVIIe Symposium de sculpture de ChépyTerra au Domaine Saint Jean de Chépy, j’ai commencé à me documenter en regardant les photographies du lieu, que j’ai trouvé très beau », pose Noushin Bagherzadeh.

Et, très vite, « j’ai eu l’idée de ne pas concevoir une forme autonome, ou très grande pour qu’on la voie. J’ai voulu que tout l’intérieur soit vide, de façon à mettre en valeur l’environnement… »

Elle n’apportera qu’une seule modification à ses travaux préparatoires : « Si ma sculpture est vide, j’en ai néanmoins juste augmenté l’épaisseur du dessin pour qu’elle ne disparaisse pas complètement dans cet environnement. » Une (sage…) décision, qui aura coûté quelques heures de travail à la dame qui fait des étincelles, comme eurent tôt fait de la baptiser les écoliers des classes de Pont-de-Claix venus visiter Le Chant des sculptures…

Quel titre pour cette création ? « Des amis m’ont proposé Feu, d’autres Oiseau… Mais pourquoi un titre ? C’est progressivement, dans le travail, que le mouvement s’est imposé, et donc Flux ! Comme ça, les gens peuvent imaginer ce qu’ils veulent… », sourit-t-elle enfin.

Site : https://noushinbagherzadeh.be/
info@noushinbagherzadeh.be

La calligraphie comme… pré-texte !

Si elle a choisi avec sa famille de s’expatrier, Noushin Bagherzadeh n’en est pas moins (très…) fière de sa culture iranienne. Pour ne pas dire perse…

« Mon identité, à la base, c’est la calligraphie », campe-t-elle d’emblée. Et, dans son travail, on en retrouvera donc « juste le mouvement, la danse qui l’habite… »

Cela posé, « ce n’est pas juste la forme qui m’intéresse ; c’est la façon dont elle s’intègre à son environnement, la façon dont ils dialoguent tous les deux. » Et « je me sers du vide pour aller plus loin ; c’est une ouverture. » A partir de là, « je finis toujours par oublier la calligraphie ; il y a une idée au départ, mais je finis toujours par ne plus voir le sujet… »

Si « j’ai adoré travailler le bois pour l’énergie que j’y voyais », c’est finalement le métal qui aura sa préférence. « Nous, les femmes iraniennes, nous sommes des combattantes ; et, dans le métal, il y a ce combat avec la matière que je finis par remporter ! J’aime gagner ce challenge avec quelque chose qui est dur… », feint-elle de plaisanter.