Jocelyne SANTOS

Jocelyne Santos, de Paris à Semur-en-Auxois, du dessin à la sculpture…

Née en 1952 à Paris, Jocelyne Santos se révélera vite « une élève pas très assidue, sauf en littérature et en dessin. » Le choix s’imposera dès lors très vite : « Au lycée, soit je redoublais pour travailler la littérature, soit je passais le concours pour intégrer les Arts Appliqués… »

La réussite – du premier coup ! – à ce concours – elle avait préalablement suivi les cours du soir de la Ville de Paris – décidera donc d’un bac en création textile, avant un BTS Styliste de mode. Après être passée par un atelier de création textile cinq années durant sur les conseils d’un professeur, Jocelyne Santos concède continuer de se chercher…

« Je me suis alors lancée dans l’illustration de presse ; c’est ce qui m’a fait vivre… Et puis j’ai commencé à peindre à la trentaine, en commençant par la figuration avant de parvenir à l’abstraction », pose-t-elle pour fixer le décor de son évolution.

Si sa mère « s’intéressait à la culture » et si son père « avait poursuivi des études de journalisme », ils ne lui infligeront cependant aucune influence plastique particulière…

Trio Somba

Fidèle à sa vocation de soutien aux créateurs en leur permettant notamment d’expérimenter de nouveaux horizons, le XVIIIe Symposium de sculpture de ChépyTerra a donc invité Jocelyne Santos à proposer une œuvre nouvelle qu’elle a décidé de baptiser Trio Somba, un dialogue entre trois totems. Sa première œuvre pérenne destinée à l’extérieur…

Jusqu’alors, ses sculptures étant destinées à l’intérieur ; elle a donc dû choisir de nouveau matériaux. Pour ce faire, elle emploiera du Douglas recouvert d’une peinture à la farine fabriquée à partir d’une vieille recette suédoise, ainsi qu’une autre, utilisée pour les ruches, de façon à obtenir « une gamme colorée adaptée aux besoins esthétiques, tout en résistant aux intempéries… »

De croquis en idées « pour créer des rythmes », les rapports de couleur pouvant faire penser à une certaine synesthésie, Jocelyne Santos privilégiera « un côté intuitif étranger à l’art concret, pas conceptuel » pour deux sous. « L’imperfection ne me dérange pas, j’ai l’obsession des opposés et des contraires… », vient-elle couronner.

Et ce titre ? « Somba, c’est le nom d’une ethnie du nord du Bénin. C’est un clin d’œil affectif puisque mon Papa était Béninois. Mais pas du tout de cette ethnie… », s’amuse-t-elle. « Quand je cherche un titre, j’aime bien prendre le Dictionnaire des Peuples et chercher quelque chose qui me paraît sonner en rapport avec l’œuvre… »

Une façon d’illustrer le contraste entre l’occidentalité parfois un peu froide de l’art concret et une palette beaucoup plus sensuelle venue d’ailleurs ? « Sans doute… », murmure-t-elle alors dans un sourire dont l’éloquence se passe de commentaires.

Car c’est (toujours…) dans les marges que vient se nicher une certaine poésie plastique…

De la couleur pour créer des rythmes à partir d’éléments modulaires assemblés

Dans son atelier d’Aubervilliers, Jocelyne Santos continue d’expérimenter ce qui lui plaît. Et, partie de « la figuration à la trentaine », elle arrivera à « l’abstraction à la quarantaine. »

C’est son installation en 1995 à Semur-en-Auxois, en Côte-d’Or, qui décidera en partie du reste. « J’ai arrêté la pâte de verre et le fusing à ce moment-là… », soupire-t-elle discrètement, confessant une certaine propension à vouloir s’emparer de la dernière technique qui l’avait séduite…

Au tournant du siècle comme du millénaire, le jeu de construction Kapla de ses deux enfants lui suggérera « une inspiration ludique ! Pourquoi ne pas mettre de la couleur et créer des rythmes à partir d’éléments modulaires assemblés ? » se dit-elle alors.

La sculpture de Jocelyne Santos venait de voir le jour…

Elle, se définit plutôt comme plasticienne. « Des sculptures polychromes ou des peintures en volume ? », s’amuse-t-elle avec ce petit sourire mutin qui la caractérise. En continuant à développer en tout cas une œuvre polymorphe…

Participant régulièrement au Salon des réalités nouvelles – les RN, comme l’on dit dans le milieu… – de 2010 à 2020, elle rencontre également l’Atelier Editions Fanal (Bâle) avec lequel elle va produire des multiples, en même temps que, proche de Marie-Thérèse Vacossin, elle sera représentée par la Galerie La Ligne (Zurich) et la Galerie Wagner (Paris), deux références internationales dans l’art concret.

La Galerie Zemma lui consacrera en 2020 une exposition personnelle à Marseille…