Véronique Roland

Dialogue bucolique

Véronique Roland, l’obstination souriante

Née à Liège (Belgique) entre trois frères et deux sœurs – la parité parfaite, mais « dans un milieu machiste » –, c’est peu dire que Véronique Roland aura cherché. Sa voie, son medium, son esthétique. Et surtout sa place !

« Toute petite, je tripotais déjà des papiers, je chipotais beaucoup… », campe dans un immense sourire sonore la seule artiste de la fratrie. Qui paraît constamment ajouter à l’humour national belge une solide dose de bonne humeur personnelle.

Sauf que cet inconscient collectif et ce trait de caractère ne sauraient occulter une détermination confinant parfois à l’obstination. Mais une résolution patiente, bienveillante, qui se plaît de surcroît à emprunter les chemins de traverse. Car lorsqu’elle a fini d’égrener ses formations, on se surprend tout simplement à lui demander ce qu’elle n’a pas appris…

Déjà, « pour aller en artistique, j’ai dû batailler… », confesse-t-elle volontiers. Professeure d’arts plastiques, Véronique peindra beaucoup, dessinera peut-être encore plus, se mariera, élèvera ses enfants…

Jusqu’à cette fameuse exposition où un critique lui ouvrira finalement les yeux d’une seule et simple phrase : « Tu n’es pas peintre, mais sculpteur… » Comme quoi, les journalistes – et leurs formules lapidaires – ont (parfois…) leur utilité… Celui-là lui écrit en tout cas toujours ses textes.

De ce parcours, Véronique Roland ne conserve qu’un seul regret, celui que ses parents n’aient jamais pu voir sa sculpture.

Mais sait-on jamais…

Polyglotte des techniques et des matériaux pour affirmer la féminité et la force

« C’est la matière que j’aime ! Les outils et la matière… » Ce cri du cœur pourrait résumer l’œuvre de Véronique Roland, qui entend « la laisser vivre et la dompter. Je me suis lâchée dans l’idée… », ponctue-t-elle d’un souffle.

Professeure d’arts plastiques, « je me faisais du bien quand je rentrais de l’école. J’adorais mon métier, mais c’était parfois dur… », rigole-t-elle volontiers.

Car enseigner est une chose, pratiquer en est une autre.

« J’ai commencé par la pierre », pose-t-elle avant d’expliquer très sérieusement avoir enchaîné avec « une formation sur la terre. » Ce sera ensuite le bois – au Centre de la marionnette liégeoise – puis la fonderie « avec un formateur de Ouagadougou. » La soudure ? « J’ai fait ça à l’école… » avant le thermoformage. Aujourd’hui, « j’aimerais apprendre le cuivre battu et les dalles de verre », déroule-t-elle encore.

Décelant sans doute une once d’étonnement dans le regard de son interlocuteur, Véronique Roland tient alors à bien mettre les points sur les i : « Je suis indépendante sur la technique dans mes recherches ! » Et le béton pourrait encore bientôt faire les frais de cette indépendance…

Dans le fond, « ce qui m’intéresse, c’est d’affirmer la féminité et la force ! » Sur la forme, « j’aime les arrondis, les angles et les droites. Et l’imprévu me plaît beaucoup… »

 En d’autres termes, « j’ai voulu prendre ma place ! Cela a influencé mon travail jusqu’aux grands formats », résume cette adepte de l’obstination souriante plus que de la force tranquille…

Site internet : www.veroniqueroland.be